Warum Aischylos’ Perser im Film Faust: A Return from the Future erscheinen — und was das mit der Straße von Hormus zu tun hat (De-Fr)

Warum Aischylos’ Perser im Film Faust, a Return from the Future erscheinen — und was das mit der Straße von Hormus zu tun hat (De-Fr)

Pourquoi “Les Perses” d’Eschyle apparaît dans le film Faust, a Return from the Future — et quel lien avec le détroit d’Ormuz

Faust A Return from the Future - Amazon Firebird
Faust, a Return from the Future – Amazon Firebird

Warum Aischylos’ Perser im Film Faust, a Return from the Future erscheinen — und was das mit der Straße von Hormus zu tun hat
Pourquoi “Les Perses” d’Eschyle apparaît dans le film Faust: A Return from the Future — et quel lien avec le détroit d’Ormuz

DEUTSCH

Während der Dreharbeiten meines Films auf Milos hat sich die Präsenz dieses Textes aufgezwungen. Nicht als bewusste Entscheidung, sondern als Einbruch — als ein ionisches dichterisches Selbst, das die Perser des Aischylos in den Film hineintrug. Wie Aristoteles in der Poetik schreibt, kann die Kunst mehr sagen als die Geschichte, weil sie das Ganze erfasst.

Im Film erklingt die Stimme des Dareios in dem Moment, in dem der Held aus der Dunkelheit eines Tunnels ins Licht tritt. Sie benennt die Ursache: Hybris.
Hybris ist nicht nur Übermaß — sie ist die Verletzung einer Grenze.

Doch hier entsteht eine entscheidende Frage. Der Text spricht von „Hellas“. Die Perser jedoch verwendeten diesen Begriff nicht. In ihren Inschriften nennen sie diese Völker Yauna — Ionier.

Dieser Unterschied verändert die Perspektive. Ionien ist nicht nur Geographie, sondern eine Grenze zwischen Welten. Und „Griechen“ bezeichnet ursprünglich kein einheitliches Volk.
Diese Einheit ist eine spätere Konstruktion.

Bei Homer existiert diese Einheit noch nicht. Und die Trojaner erscheinen nicht als radikal fremd: Sie sprechen dieselbe Sprache, tragen bedeutungsvolle Namen und teilen dieselben Götter.
Der Konflikt ist keine absolute Fremdheit — sondern ein Riss innerhalb eines gemeinsamen Feldes.

Wenn die Perser alle als Ionier bezeichnen und Homer eine Welt zeigt, in der die Trennungen noch nicht fixiert sind, dann stellt sich die Frage:
Ist Ionien ein Ort — oder ein Feld?
Gehören die Trojaner zu diesem Feld?

Aischylos zeigt dasselbe Bild: zwei Frauen, Schwestern desselben Geschlechts.
Nicht zwei Welten — zwei Formen einer.

Die Geographie spiegelt dies:
zwei Tore derselben Welt — die Säulen des Herakles im Westen und die Straße von Hormus im Osten.

Und so erhalten die Worte des Dareios eine tiefere Bedeutung:
Hybris zerstört nicht nur Heere — sie zerstört die Erinnerung an gemeinsamen Ursprung.

Das Bild stammt von den Dreharbeiten auf Milos, am Sarakiniko — einer nahezu außerweltlichen, mondähnlichen Landschaft. Dort wurde auch das Tunnelmotiv gefunden: ein Durchgang im weißen Gestein, wie eine Spalte zwischen Ebenen.
Dieser Ort ist keine Kulisse — er ist eine Schwelle


Maria Alexea

FRANÇAIS

Lors du tournage de mon film à Milos, la présence de ce passage s’est imposée. Non comme un choix, mais comme une irruption — comme un soi poétique ionien entrant dans le film et y introduisant les Perses d’Eschyle. Comme l’écrit Aristote dans la Poétique, l’art peut dire plus que l’histoire, parce qu’il saisit le tout.

Dans le film, la voix de Darius se fait entendre au moment où le héros sort de l’obscurité d’un tunnel vers la lumière. Elle désigne la cause : l’hybris.
L’hybris n’est pas seulement un excès — c’est la violation d’une limite.

Mais ici surgit une question décisive. Le texte parle de « Hellas ». Or les Perses n’utilisaient pas ce terme. Dans leurs inscriptions, ils désignent ces peuples comme Yauna — les Ioniens.

Cette différence transforme la perspective. L’Ionie n’est pas seulement une région, mais une frontière entre des mondes. Et le terme « Grecs » ne désignait pas à l’origine un peuple unifié.
Cette unité est une construction tardive.

Chez Homère, cette unité n’existe pas encore. Et les Troyens n’apparaissent pas comme radicalement étrangers : ils parlent la même langue, portent des noms porteurs de sens et partagent les mêmes dieux.
Le conflit n’est pas une altérité absolue — mais une fracture au sein d’un même champ.

Si les Perses appellent tous ces peuples « Ioniens », et si Homère montre un monde où les distinctions ne sont pas encore fixées, alors la question devient plus profonde :
L’Ionie est-elle un lieu — ou un champ ?
Les Troyens appartiennent-ils à ce champ ?

Eschyle donne la même image : deux femmes, sœurs de même race.
Non pas deux mondes — mais deux formes d’un seul.

La géographie reflète cette structure :
deux portes d’un même monde — les colonnes d’Hercule à l’Ouest et le détroit d’Ormuz à l’Est.

Ainsi, les paroles de Darius prennent un sens plus profond :
l’hybris ne détruit pas seulement des armées — elle détruit la mémoire d’une origine commune.

L’image provient du tournage à Milos, à Sarakiniko — un paysage presque irréel, lunaire. C’est là que le tunnel a été trouvé : un passage dans la roche blanche, comme une fissure entre des niveaux.
Ce lieu n’est pas un décor — c’est un seuil.


Maria Alexea

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Warum Aischylos’ Perser im Film Faust, a Return from the Future erscheinen — und was das mit der Straße von Hormus zu tun hat
Pourquoi les Perses d’Eschyle apparaissent dans le film Faust: A Return from the Future — et quel lien avec le détroit d’Ormuz

DEUTSCH

Während der Dreharbeiten meines Films auf Milos hat sich die Präsenz dieses Textes aufgezwungen. Nicht als bewusste Entscheidung, sondern als Einbruch — als ein ionisches dichterisches Selbst, das die Perser des Aischylos in den Film hineintrug. Wie Aristoteles in der Poetik schreibt, kann die Kunst mehr sagen als die Geschichte, weil sie das Ganze erfasst.

Im Film erklingt die Stimme des Dareios in dem Moment, in dem der Held aus der Dunkelheit eines Tunnels ins Licht tritt. Sie benennt die Ursache: Hybris.
Hybris ist nicht nur Übermaß — sie ist die Verletzung einer Grenze.

Doch hier entsteht eine entscheidende Frage. Der Text spricht von „Hellas“. Die Perser jedoch verwendeten diesen Begriff nicht. In ihren Inschriften nennen sie diese Völker Yauna — Ionier.

Dieser Unterschied verändert die Perspektive. Ionien ist nicht nur Geographie, sondern eine Grenze zwischen Welten. Und „Griechen“ bezeichnet ursprünglich kein einheitliches Volk.
Diese Einheit ist eine spätere Konstruktion.

Bei Homer existiert diese Einheit noch nicht. Und die Trojaner erscheinen nicht als radikal fremd: Sie sprechen dieselbe Sprache, tragen bedeutungsvolle Namen und teilen dieselben Götter.
Der Konflikt ist keine absolute Fremdheit — sondern ein Riss innerhalb eines gemeinsamen Feldes.

Wenn die Perser alle als Ionier bezeichnen und Homer eine Welt zeigt, in der die Trennungen noch nicht fixiert sind, dann stellt sich die Frage:
Ist Ionien ein Ort — oder ein Feld?
Gehören die Trojaner zu diesem Feld?

Aischylos zeigt dasselbe Bild: zwei Frauen, Schwestern desselben Geschlechts.
Nicht zwei Welten — zwei Formen einer.

Die Geographie spiegelt dies:
zwei Tore derselben Welt — die Säulen des Herakles im Westen und die Straße von Hormus im Osten.

Und so erhalten die Worte des Dareios eine tiefere Bedeutung:
Hybris zerstört nicht nur Heere — sie zerstört die Erinnerung an gemeinsamen Ursprung.

Das Bild stammt von den Dreharbeiten auf Milos, am Sarakiniko — einer nahezu außerweltlichen, mondähnlichen Landschaft. Dort wurde auch das Tunnelmotiv gefunden: ein Durchgang im weißen Gestein, wie eine Spalte zwischen Ebenen.
Dieser Ort ist keine Kulisse — er ist eine Schwelle


Maria Alexea

FRANÇAIS

Lors du tournage de mon film à Milos, la présence de ce passage s’est imposée. Non comme un choix, mais comme une irruption — comme un soi poétique ionien entrant dans le film et y introduisant les Perses d’Eschyle. Comme l’écrit Aristote dans la Poétique, l’art peut dire plus que l’histoire, parce qu’il saisit le tout.

Dans le film, la voix de Darius se fait entendre au moment où le héros sort de l’obscurité d’un tunnel vers la lumière. Elle désigne la cause : l’hybris.
L’hybris n’est pas seulement un excès — c’est la violation d’une limite.

Mais ici surgit une question décisive. Le texte parle de « Hellas ». Or les Perses n’utilisaient pas ce terme. Dans leurs inscriptions, ils désignent ces peuples comme Yauna — les Ioniens.

Cette différence transforme la perspective. L’Ionie n’est pas seulement une région, mais une frontière entre des mondes. Et le terme « Grecs » ne désignait pas à l’origine un peuple unifié.
Cette unité est une construction tardive.

Chez Homère, cette unité n’existe pas encore. Et les Troyens n’apparaissent pas comme radicalement étrangers : ils parlent la même langue, portent des noms porteurs de sens et partagent les mêmes dieux.
Le conflit n’est pas une altérité absolue — mais une fracture au sein d’un même champ.

Si les Perses appellent tous ces peuples « Ioniens », et si Homère montre un monde où les distinctions ne sont pas encore fixées, alors la question devient plus profonde :
L’Ionie est-elle un lieu — ou un champ ?
Les Troyens appartiennent-ils à ce champ ?

Eschyle donne la même image : deux femmes, sœurs de même race.
Non pas deux mondes — mais deux formes d’un seul.

La géographie reflète cette structure :
deux portes d’un même monde — les colonnes d’Hercule à l’Ouest et le détroit d’Ormuz à l’Est.

Ainsi, les paroles de Darius prennent un sens plus profond :
l’hybris ne détruit pas seulement des armées — elle détruit la mémoire d’une origine commune.

L’image provient du tournage à Milos, à Sarakiniko — un paysage presque irréel, lunaire. C’est là que le tunnel a été trouvé : un passage dans la roche blanche, comme une fissure entre des niveaux.
Ce lieu n’est pas un décor — c’est un seuil.


Maria Alexea

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